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Violence, tribalisme et les élections

Deux ans, presque, que les élections ont été organisées en République Démocratique du Congo dans un contexte très tendu. Après la proclamation des élections il y a eu des graves contestations à beaucoup des niveaux. L’on se rend bien compte qu’un travail de fond avant, pendant et après, serait d’une utilité avantageuse. Que font les organisations de la société civile engagées dans le processus de la pacification ? La YWCA, Young women’s Christian Association of DRC», l’une des organisations du réseau service civil pour la paix (SCP/RDC), utilise entre autre le « le théâtre forum » pour cette quête.

La RDC s’est engagée depuis 2006 dans le processus de paix en organisant des élections libres, démocratiques, transparentes et pacifiques. Cette expérience a marqué le début d’une nouvelle ère avec la création de plusieurs partis politiques et organisations non gouvernementales de développement.

Ce nouveau départ, au lendemain d’une longue période de conflits internes mais surtout transfrontaliers, marque la période où politique et citoyen s’engagent fermement dans le processus démocratique à tous les niveaux, d’où l’institution des organes d’appui à la démocratie consacrés dans la constitution de la République Démocratique du Congo.

Après expériences d’expression du souverain primaire à faire le choix de ses dirigeants, l’on se rend bien compte qu’un travail de fond avant, pendant et après de tels évènements, serait d’une utilité salutaire. C’est dans cette quête vers une paix durable que les partis politiques, la société civile ainsi que les organisations de lutte pour la paix en RDC ont revendiqués la tenue des élections (3e), qui ont eu lieu, finalement en décembre 2018, après une série de marches, sit-in, lobbyings et plaidoyers.

Durant cette période, contrairement aux attentes, un climat de méfiance et de mépris s’est installé dans toute l’étendue de la république dont les conséquences continuent à se vivre jusqu’à ce jour.

Les élections, qui devraient être un moyen d’unité expression de la volonté des citoyens semble devenir une occasion de séparation des peuples : tel est le cas des concitoyens qui prennent des distances les uns des autres à cause de l’appartenance tribale de leur candidats.

Sur toute l’étendue de la république, des scènes de violences ont marqué particulièrement la période électorale de 2018.

Des candidats aux élections législatives, élus d’autre fois et conscients de leur prochain échec, ont usé de force et de ruse dans le simple but de se faire à nouveau élire. D’autres candidats encore, comme c’est souvent le cas, ont saboté délibérément les meetings de leurs adversaires en se livrant à la concurrence déloyale jusqu’au jour du scrutin.

Malgré la publication des résultats des dites élections, insatisfaction pour les uns et satisfaction pour les autres, l’on est loin de vivre cette paix, conséquence idéale des élections. A ce jour, des scènes de tribalisme et de violences continuent d’être enregistrées dans toute l’étendue de la république.

La YWCA-DRC, motivée pour la défense de la paix, grâce au service civil pour la paix, a organisé en mars 2020, l’atelier sur le théâtre forum dont le thème était : « violence, tribalisme et les élections » sous la supervision de monsieur CLAUS SCHROWANGE.  Ce dernier est un professionnel du théâtre qui travaille maintenant pour la Maison de Presse du Burundi. Il a développé plusieurs groupes qui pratiquent le théâtre participatif dans la région des Grands Lacs (Burundi/ Sud Soudan/ Rwanda/ République Démocratique du Congo). Il travaille maintenant depuis plus de dix ans en Afrique pour la promotion de la paix.

Pendant 5 jours, les participants ont travaillé sur les trois mots clés « violence, tribalisme et élections » à travers la conception d’une pièce de théâtre qui a été présenté le dernier jour.

Considérant cela comme un outil de sensibilisation, la pièce a été tournée en français et en lingala, la langue locale de Kinshasa devant les membres de la YWCA-DRC, du personnel ainsi que de quelques invités.

Il était question lors de cet atelier de brosser le tableau électoral de 2018 et de ressortir  son impact à ce jour.

Dans leurs rôles, les acteurs ont interprété les violences issues du tribalisme spécialement entre les Balubas (tribu du chef de l’Etat, Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO) et les ressortissants de l’ancienne province de Bandundu (province d’origine du candidat Martin FAYULU).

Ils ont aussi incarné le sentiment de regret et d’indignation face aux compatriotes qui ont payés de leurs vies suite aux différentes marches de revendications d’alternance politique congolais (Thérèse KAPANGALA, Rossy MUKENDI,etc.).

Ils ont également fait ressortir la tristesse qui ronge le peuple congolais en ce que le Congo ne serait ni libre ni souveraine car dominée et dirigée par d’autres nations.

Le but du théâtre-forum étant de faire participer le public,  il lui a été demandé, à la fin de la pièce,  de s’exprimer en relevant les tableaux qui ne se sont pas inscrits dans la culture de la paix et ensuite de les corriger chacun.Au-delà de tout, les acteurs ainsi que le public  ont manifesté une volonté profonde de défendre la nation en continuant les protestations pacifiques pour une paix durable.

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