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Chemins vers la Paix

Sommaire

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . 7
par Christiane Kayser et Flaubert Djateng

LES ARTS POUR LA PAIX

Une ville comme théâtre de la lutte pour la paix . . . . . . . . . . . 14
Expériences de doual’art
par Princesse Marilyn Douala Manga Bell

« Non à la terreur ! » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Une caravane artistique au Cameroun
par Pierre Fichter

Si vous voulez comprendre comment fonctionnentles médias,
produisez le vôtre ! . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . 30
Une radio communautaire camerounaise pour voyeuse
de compétences médiatiques cruciales
par Alexander Vojvoda

Le cinéma comme moyen d’œuvrer pour la paix . . . . . . . . . . . . 45
par Julia Krojer

Les arts et la consolidation de la paix : une approche nouvelle . . . . . 58
Extrait de la page web de l’United States Institute of Peace (USIP)

VOIES TRADITIONNELLES VERS LA PAIX

Les funérailles, un espace de transformation
des conflits familiaux à l’ouest du Cameroun .. . . . . . . . . . . . 70
par Flaubert Djateng

L’éducation, les liens traditionnels et l’art
dans le travail de paix en territoire de Fizi . . . . . . . . . . . . . . . 77
par Evariste Mfaume

La jeunesse, l’extrémisme violent et la promotion de la paix . . . . . . 91
par Scott Atran

Les théories africaines du changement :
perdues dans l’interprétation ? . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . 102
par Sulley Gariba et Thomas de Hoop

EDUCATION À LA PAIX

L’apport des écoles protestantes pour la promotion
et la consolidation de la paix au Cameroun. . . . . . . . . . . . . . . .106
par Makarios Fandio

La participation active dans le domaine de l’éducation
à la paix – une approche indispensable. . . . . . . . . . . . . . . . . .115
par Anja Vollendorf

Hand put it hand take it (La main donne, la main prend) . . . . . . . 127
L’Éducation alternative de base et la consolidation de la paix au Libéria
par Jehoshaphat Dogolea, Karen Domah et Rebecca Hackstein

Les clubs de paix des jeunes de Goma et Gisenyi,
gages pour la stabilisation de la ville de Goma ? . . . . . . . . . . . . 137
par Me Christian K. Sondirya

Education à la paix dans les écoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .145
Expériences de la coordination provinciale
des écoles Conventionnées Protestantes au Sud-Kivu
par Vunanga Karhakabire Meschac, Safari Tabu Bernard, Barhafumwa
Bugondo Joseph, Bugoma Ndaviruka Prosper, Yanga Jonas, David Mukamba
Byendo, Heri Mirindi Wa Murhega, Julia Wöhrle

Leçons tirées du Programme d’Éducation à la Paix de WANEP. . . . . . 153
Mis en œuvre en Afrique de l’Ouest depuis 2001 publié
par Le Réseau Ouest-Africain pour L’Édification de la Paix

INTRODUCTION

Les temps sont durs pour les activistes de la paix. Le monde globalisé semble tourner dans une spirale montante de violence, de haine et d’exclusion, mais aussi de résignation et d’impuissance de ceux qui sont les premiers concernés : les populations locales. Raison de plus d’identifier et de valoriser nos atouts dans la lutte contre ces tendances néfastes.

En discutant de la thématique pour cette publication nous sommes partis du principe qu’il est important d’illustrer que les voies vers la paix sont multiples et que le travail de transformation des conflits ne se laisse pas réduire à des médiations à haut niveau ou à la détraumatisation au niveau des populations. Dans un monde toujours plus enclin à la violence qui ne résout aucun conflit et demande un nombre croissant de victimes, collatérales ou autres, il est essentiel de regarder de plus près quelles sont les alternatives qui pourraient aider à faire reculer la vague de violence et de terreur qui risque de nous engouffrer. En regardant du côté de nos partenaires SCP dans les différents pays africains nous nous sommes rendus compte qu’en plus du travail médiatique, des combats pour les droits de la personne, des luttes contre toutes les discriminations, du travail autour des problèmes fonciers, du renforcement des jeunes etc., il y a des façons de faire qui ouvrent des voies prometteuses vers la paix : Il y a d’abord l’art pour la paix .

Vous verrez dans cette publication de quelles façons créatives et multiples l’art et les artistes expriment, synthétisent et font avancer les efforts de transformation sociale non-violente. D’abord Princesse Marilyn Douala Manga Bell, la présidente de l’initiative doual’art du Cameroun, connue au delà des frontières de ce pays, explique en mots et en images comment depuis 1991 la ville de Douala devient le théâtre d’un combat de tous les instants contre la violence qui allie responsabilité citadine et liberté d’expression. Ensuite Pierre Fichter, professionnel d’appui SCP chez Dynamique mondiale de la Jeunesse (DMJ) au Cameroun, raconte comment d’un projet de recherche-action sur l’attraction des groupes violents pour les jeunes est sortie l’initiative « Non à la terreur ! » Caravane pour la Paix. L’engouement des jeunes pour la bande dessinée et – tout comme chez doual’art – la possibilité pour le public de faire partie de la création artistique sont autant de raisons d’un succès impressionnant. Egalement au Cameroun, Alexandre Vojvoda qui travaille dans la zone anglophone à la Presbyterian Church of Cameroun (PCC) explique comment en faisant du public des acteurs de radios communautaires on arrive à en faire un instrument non-violent de transformation sociale. Le mur étanche entre les médias et les auditeurs tombe, les citoyens deviennent journalistes radiophoniques. Après plus de trois ans de travail en Sierra Leone, Julia Krojer de la Sierra Leone Adult Education Association (SLADEA) raconte les expériences avec le film comme instrument de paix. Il s’agit de films sur la lutte contre le virus de l’Ebola, sur l’approche genre, mais aussi et surtout de la production d’un film basé sur le feuilleton radiophonique très populaire Konkoroma illustrant la vie de tous les jours et débattant des grandes questions sociétales. La violence comme expérience de la plupart des gens pendant et après la période de guerre y est un thème récurrent. L’impact d’un tel travail artistique et médiatique sur la conscientisation des populations ne peut être surestimé.

Pour clore cette partie nous reproduisons un article plus théorique de l’United States Institute of Peace (USIP) sur l’interaction et l’enrichissement mutuel entre l’art et le travail de paix au niveau international. Il y a une tendance croissante à se tourner vers l’art pour la transformation des conflits. Les références bibliographiques à la fin de l’article permettent au lecteur d’approfondir la réflexion.

Ensuite nous traiterons des voies traditionnelles vers la paix. Flaubert Djateng du Zenü Network au Cameroun explique le rôle que jouent jusqu’à ce jour les funérailles traditionnelles en pays bamiléké pour la gestion des conflits et une meilleure cohésion sociale. Cette tradition onéreuse en temps et en ressources matérielles et humaines n’est pas seulement contestée par des personnes d’autres cultures, mais suscite aussi de plus en plus de controverses parmi les jeunes bamiléké. Pourtant sa fonction sociale est essentielle. Evariste Mfaume, coordinateur de l’ONG Solidarité des Volontaires, partenaire SCP d’Eirene dans le territoire de Fizi à l’Est de la RDC, illustre les expériences de son organisation avec les conseils de sages, les « barzas » intercommunautaires et le théâtre pour la paix dans le cadre de l’approche « dynamiques locales pour la paix ». Dans cette zone secouée par les guerres et les rébellions, les populations locales ont besoin de créer des remparts contre les violences montantes. Nous avons aussi repris l’intervention en 2015 de l’anthropologue Scott Atran devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les jeunes, la violence et la promotion de la paix. Cette intervention souligne que l’extrémisme violent dans notre monde globalisé n’émane pas des cultures traditionnelles mais signale plutôt une perte de vitesse, voir une destruction de ces cultures sans que les individus ne retrouvent une identité sociale dont ils ont désespérément besoin et qu’ils cherchent alors dans le fondamentalisme et l’extrémisme . Enfin nous avons trouvé intéressant d’inclure une brève note de Sulley Gariba et Thomas de Hoop qui travaillent au Ghana sur la nécessité de se pencher sur la spécificité des notions d’évaluation et de théorie du changement dans les cultures africaines au lieu de toujours plaquer les concepts européens sur toutes sortes de cultures. La troisième partie tourne autour de l’éducation à la paix . Dans un article historique Makarios Fandio de la Direction Nationale de l’Enseignement de l’Eglise Evangélique au Cameroun (EEC) nous raconte l’histoire des écoles protestantes au Cameroun et discute de leur apport pour la promotion et la consolidation de la paix. Après deux ans comme professionnelle d’appui SCP au Réseau d’Innovation Organisationnelle (RIO) à l’Est de la RDC Anja Vollendorf souligne l’importance de la participation active des personnes à former dans toute initiative éducationnelle. Elle parle des expériences avec la participation dans le cadre de l’éducation à la paix et propose des outils. Jehoshaphat Dogolea, Karen Domah et Rebecca Hackstein travaillent tous trois à la National Adult Education Association of Liberia (NAEAL). Ils nous parlent des expériences avec leur initiative Hand put it, hand take it (« la main donne, la main prend ») de travail d’éducation de base et de transformation de conflits dans des communautés rurales et urbaines au Liberia. Le succès de ce travail intergénérationnel qui unifie les communautés a fait que dans certains cas il est repris dans les mosquées et les églises. L’accueil de personnes venant d’ailleurs s’est également amélioré. Il s’agit d’une éducation à la paix dans le sens profond du terme. Maître Christian Sondirya, le coordonnateur de la Commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création de la Communauté Baptiste au centre de l’Afrique à l’Est de la RDC raconte les expériences avec les clubs de paix des jeunes des villes transfrontalières de Goma (RDC) et Gisenyi (Rwanda). Ce travail est parti de la lutte contre les préjugés entre les populations des deux pays et veut renforcer la participation des jeunes dans le travail de paix dans une zone où du côté RDC les groupes armés et les conflits violents pullulent.

L’équipe de la Coordination Provinciale des Ecoles Conventionnées Protestantes au Sud-Kivu (CP-ECP/SK) avec la professionnelle d’appui SCP Julia Wöhrle nous parle des expériences avec l’éducation à la paix dans les écoles du Sud Kivu. La bonne gouvernance et la lutte contre les comportements violents sont au centre des préoccupations. Le travail a pour objectif final d’établir une culture de paix dans un environnement secoué par des conflits violents de tous genres dont les acteurs étatiques sont souvent des protagonistes actifs. Enfin nous publions des extraits des leçons tirées du Programme d’Éducation à la Paix mis en œuvre en Afrique de l’Ouest depuis 2001 par le Réseau Ouest-Africain pour l’Éducation de la Paix (WANEP).

Nous espérons que ce kaléidoscope d’expériences et de réflexions sur les trois thématiques pourra nourrir votre travail et nous permettra à tous d’avancer ensemble pour un monde moins violent, plus juste et plus stable.

Vos commentaires et réactions sont comme toujours bienvenus.

Christiane Kayser
Flaubert Djateng
Les Barthes, Yaoundé,
avril 2017

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